L'éjaculation précoce en France
Enseignements d'une clinique digitale de santé masculine : profil patient, sévérité, impact psychologique et préférences de traitement.
Résumé
Le trouble dont personne ne parle
84% des patients n'avaient jamais essayé de traitement pour l'éjaculation précoce (EP) avant de consulter Kano.care. 78% vivent avec ce trouble depuis toujours. Non pas parce que les solutions n'existent pas, mais parce que les hommes ne savent pas qu'ils peuvent être aidés ou n'osent pas en parler.
Jeune et en souffrance
L'âge médian est de 36 ans, et 59% ont moins de 40 ans. 50% ont un IMC normal. L'éjaculation précoce n'est pas un problème de mode de vie ou de vieillissement : c'est une condition chronique qui touche des hommes jeunes et en bonne santé, avec un impact dévastateur : 96% ressentent de la gêne ou de la frustration, 69% évitent les rapports sexuels.
La durée n'est que la partie visible
57% éjaculent en moins d'une minute, mais la sévérité ne se résume pas au chronomètre. 92% n'ont aucun contrôle sur leur éjaculation, un chiffre stable même chez ceux dont la durée dépasse 3 minutes. L'absence de contrôle et l'impact sur la vie intime et le couple sont quasi universels, quelle que soit la durée mesurée.
Pas le profil que l'on croit
Les patients Kano.care pour l'éjaculation précoce sont jeunes : l'âge médian est de 36 ans, et 59% ont moins de 40 ans. Un profil très différent de celui des patients pour dysfonction érectile (âge médian : 47 ans). Côté corpulence, 50% ont un IMC normal — l'éjaculation précoce n'est pas liée au mode de vie de la même manière que la dysfonction érectile.
78% des patients déclarent avoir toujours souffert d'éjaculation précoce (forme dite « primaire ») — il ne s'agit pas d'un trouble situationnel ou passager, mais d'une condition chronique présente depuis les premiers rapports sexuels. Et pour 91%, le problème se manifeste avec l'ensemble des partenaires, confirmant qu'il ne s'agit pas d'un facteur relationnel.
Données Kano.care. Âge : N = 187 (2 valeurs manquantes). Autres variables : N = 189.
Au-delà de la durée : trois dimensions d'un même trouble
L'éjaculation précoce ne se résume pas à une question de durée. Les recommandations internationales (ISSM) définissent le diagnostic autour de trois critères : le temps avant éjaculation, le manque de contrôle et l'impact négatif sur la vie intime. Les données Kano.care montrent que ces trois dimensions sont présentes chez la quasi-totalité des patients — y compris ceux dont la durée est objectivement dans la norme.
La durée : 57% en moins d'une minute
La majorité des patients rapportent un temps entre pénétration et éjaculation très court. 13% éjaculent avant même la pénétration, 44% en moins d'une minute, et 33% entre 1 et 3 minutes. 9% se situent entre 3 et 5 minutes.
Le contrôle : absent chez 92%, quelle que soit la durée
92% des patients déclarent ne pas pouvoir contrôler leur éjaculation. Ce chiffre est remarquablement stable à travers toutes les tranches de durée — ce qui confirme que le manque de contrôle est le dénominateur commun de l'éjaculation précoce, indépendamment du temps mesuré.
L'impact : sévère même au-delà de la médiane
La durée ne fait pas tout. Les patients dont la durée se situe entre 3 et 5 minutes — un temps que certains considéreraient comme « normal » — rapportent 94% d'absence de contrôle, 89% d'impact sur le couple, 61% d'évitement des rapports et 94% de gêne ou frustration. Des niveaux comparables à ceux des patients éjaculant en moins d'une minute.
| Durée | n | Aucun contrôle | À chaque fois | Gêne / frustration | Évite les rapports | Impact couple |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Avant pénétration | 25 | 96% | 100% | 100% | 76% | 96% |
| < 1 minute | 83 | 93% | 83% | 98% | 73% | 82% |
| 1-3 minutes | 62 | 92% | 69% | 95% | 65% | 82% |
| 3-5 minutes | 18 | 94% | 67% | 94% | 61% | 89% |
« L'erreur serait de réduire l'éjaculation précoce à un chronomètre. Un homme qui tient 4 minutes mais n'a pas de contrôle, qui évite l'intimité et dont le couple souffre, a autant besoin d'une prise en charge que celui qui éjacule avant la pénétration. C'est ce que montrent ces données : le manque de contrôle et l'impact sur la vie intime sont présents de façon quasi uniforme, quelle que soit la durée du rapport. »
— Dr Sam Ward, Urologue et Directeur Médical Kano.care
Données Kano.care (N = 189). Contrôle, fréquence et impact auto-rapportés.
Le poids du silence
L'impact psychologique de l'éjaculation précoce est massif. 96% des patients se disent gênés, agacés ou frustrés par leurs problèmes d'éjaculation, 80% se sentent anxieux ou déprimés, et 69% évitent purement et simplement les rapports sexuels.
L'impact sur le couple est tout aussi profond. 85% déclarent que l'éjaculation précoce affecte leur relation de couple, 78% rapportent que leur partenaire est contrarié(e), et 46% indiquent que leur partenaire évite les rapports sexuels.
Chez les patients souffrant d'EP depuis toujours (forme primaire, n = 148), les chiffres sont encore plus sévères : 99% ressentent de la gêne ou de la frustration (vs 88% pour les formes acquises), 73% évitent les rapports (vs 56%) et 61% éjaculent en moins d'une minute (vs 44%).
Données Kano.care (N = 189). Questions auto-rapportées (oui/non). Libellés exacts : « Vous sentez-vous gêné, agacé ou frustré ? », « Vous sentez-vous anxieux ou déprimé ? », « Évitez-vous les rapports sexuels ? », « Est-ce que l'EP affecte votre relation ? », « Est-ce que votre partenaire est contrarié(e) ? », « Est-ce que votre partenaire évite les rapports ? »
84% n'avaient jamais essayé de traitement
84% des patients qui consultent Kano.care pour l'éjaculation précoce n'avaient jamais essayé de traitement auparavant — ni dapoxétine (Priligy®), ni paroxétine, ni spray retardant (Fortacin® ou autre), ni thérapie avec un sexologue. Ces hommes vivent avec ce trouble depuis des années — 78% depuis toujours — sans avoir jamais cherché ni reçu d'aide.
« L'éjaculation précoce reste le grand oublié de la santé masculine. 84% arrivent dans une consultation chez Kano.care sans avoir jamais essayé de solutions. Pourtant, des traitements efficaces existent. Le premier pas, c'est d'en parler. »
— Dr Sam Ward, Urologue et Directeur Médical Kano.care
Données Kano.care (N = 189). Question : « Avez-vous déjà pris l'un des traitements suivants contre l'éjaculation précoce ? » Options : Priligy® (dapoxétine), Paroxétine, Fortacin® (lidocaïne/prilocaïne), Autres sprays ou lingettes retardants, Thérapie avec un sexologue, Aucun traitement à ce jour.
Ce que veulent les patients
Parmi les patients engageant une consultation médicale, 74% préfèrent un traitement par voie orale (comprimé à prendre avant le rapport). Seulement 3% optent pour le spray anesthésiant local, et 23% ne savent pas ce qu'ils préfèrent — signe d'un manque d'information sur les options disponibles.
Note : ces préférences reflètent la population consultant en ligne. Les hommes recherchant une solution sans ordonnance (spray Fortacin®, disponible en pharmacie) ne sont par définition pas représentés dans cet échantillon.
En cohérence avec cette préférence, 89% se voient prescrire de la dapoxétine (Priligy®) et 10% de la lidocaïne/prilocaïne (Fortacin®). Par ailleurs, 40% des patients se déclarent prêts à envisager une thérapie avec un sexologue en complément du traitement médicamenteux — une proportion qui monte à 46% chez les 30-39 ans.
Données Kano.care (N = 189).
1 patient sur 3 déclare également des difficultés d'érection
33% des patients consultant pour éjaculation précoce déclarent également des difficultés d'érection. Ce chiffre, basé sur l'auto-déclaration des patients (et non sur un diagnostic clinique de dysfonction érectile), souligne néanmoins l'importance d'aborder la santé sexuelle de manière globale lors de la consultation, plutôt que de traiter chaque symptôme de manière isolée.
La proportion est relativement stable à travers les tranches d'âge (30-38%), ce qui suggère que le lien entre les deux troubles n'est pas simplement une question de vieillissement.
Données Kano.care (N = 189). Difficultés d'érection auto-déclarées.
Résultats détaillés, graphiques et méthodologie complète.
Télécharger le PDFMéthodologie
Ce rapport repose sur les données anonymisées de 189 patients ayant complété au moins une consultation médicale pour éjaculation précoce sur Kano.care en 2025. Les données aberrantes ont été exclues lors du nettoyage. Critères d'inclusion : hommes majeurs (18+), ayant complété un questionnaire médical initial, diagnostiqués avec une éjaculation précoce par un médecin.
Les données présentées dans ce rapport sont des données propriétaires de première main, issues de la plateforme de soins digitale Kano.care en 2025, anonymisées et agrégées conformément au RGPD. Questionnaire médical initial (n = 189) : données démographiques, IMC, temps avant éjaculation auto-rapporté, fréquence et type d'EP (primaire/acquise), impact psychologique (6 questions oui/non), contrôle éjaculatoire, préférence de traitement, difficultés d'érection concomitantes. Les données de suivi (n = 9 au premier suivi) sont trop limitées pour être incluses dans ce rapport ; elles seront publiées dans une version ultérieure lorsque la cohorte de suivi sera suffisante.
IELT (Intravaginal Ejaculation Latency Time) : temps entre la pénétration et l'éjaculation, auto-rapporté par le patient. Désigné dans ce rapport par « temps après pénétration ». Classification : avant la pénétration, moins d'1 minute, 1-3 minutes, 3-5 minutes, 5-10 minutes, plus de 10 minutes. Type d'EP : primaire (« j'ai toujours eu ce problème ») vs acquise (apparition après une période de fonction normale), conforme aux recommandations ISSM. IMC : calculé à partir du poids et de la taille déclarés, classification OMS.
La taille de l'échantillon (n = 189) reste modeste et limite la portée des sous-analyses (notamment par tranche d'âge ou par type d'EP). Les données sont auto-déclarées et sujettes au biais de déclaration. Le temps avant éjaculation est estimé par le patient, non mesuré par chronomètre. La population Kano.care n'est pas représentative de la population masculine française : elle reflète les hommes qui ont choisi de consulter en ligne pour une éjaculation précoce, ce qui peut introduire un biais vers les formes plus sévères. Les difficultés d'érection concomitantes sont auto-déclarées et ne constituent pas un diagnostic de dysfonction érectile. Toutes les données sont anonymisées et agrégées conformément au RGPD et aux recommandations de la CNIL. Aucune donnée ne permet l'identification directe ou indirecte d'un patient.

