
La maladie de La Peyronie peut entraîner une courbure du pénis en érection, parfois douloureuse, et peser sur les rapports comme sur la confiance en soi. Il n'existe pas d'exercice maison capable de redresser le pénis ou de guérir la maladie. Certains dispositifs peuvent être discutés avec un urologue selon la phase de la maladie, mais l'automassage, l'étirement forcé ou les exercices trouvés en ligne peuvent aggraver une douleur ou provoquer un traumatisme. Une courbure nouvelle, une douleur, une boule palpable, une gêne pendant les rapports ou une difficulté d'érection justifient une consultation.
Les points clés
- Aucun exercice pratiqué seul n'a montré qu'il redresse une courbure liée à la maladie de La Peyronie.
- La traction pénienne est la seule approche mécanique étudiée : portée 2 à 8 heures par jour, elle réduit la courbure d'environ 15° en moyenne, avec un niveau de preuve faible.
- Étirer, tordre ou masser fort la verge, en érection ou non, expose à une douleur et à un traumatisme.
- Une pompe à vide ne s'utilise pas en automédication pour corriger une courbure.
- Un craquement avec douleur vive, hématome ou déformation brutale pendant un rapport est une urgence médicale.
- Le choix d'un traitement dépend de la phase de la maladie, de l'angle, de la gêne et de la qualité des érections : il se décide avec un urologue.
La maladie de La Peyronie, c'est quoi ?
La maladie de La Peyronie est une courbure acquise du pénis. Une plaque fibreuse se forme dans l'albuginée, l'enveloppe souple qui entoure les corps érectiles. Moins élastique que le tissu normal, cette plaque empêche la verge de s'allonger de façon symétrique pendant l'érection. Pour comprendre comment elle se forme, lisez notre article sur la plaque fibreuse de la verge.
La maladie est plus fréquente qu'on ne le pense. Selon les recommandations de l'Association européenne d'urologie, les études rapportent une fréquence très variable, plus élevée chez les hommes diabétiques ou ayant des troubles de l'érection.
Les signes possibles :
- une courbure ou une déformation en érection ;
- un raccourcissement de la verge ou un rétrécissement localisé, en « sablier » ;
- une douleur à l'érection, surtout au début ;
- une gêne pendant les rapports, voire des rapports impossibles ;
- des difficultés à obtenir ou à garder une érection.
Courbure naturelle ou courbure acquise ?
Une légère courbure présente depuis toujours, stable et indolore, est le plus souvent constitutionnelle. Les recommandations européennes la distinguent clairement de la maladie de La Peyronie. Ce qui doit alerter, c'est le changement : une courbure qui apparaît à l'âge adulte, qui évolue, qui fait mal ou qui s'accompagne d'une zone dure sous la peau.
Seul un examen médical permet de confirmer le diagnostic et d'évaluer la gêne au quotidien.
Une courbure légère, stable et ancienne peut être sans gravité. En revanche, une courbure nouvelle, douloureuse ou évolutive mérite un avis urologique. Cette courte vidéo fait le point.
Si vous vous reconnaissez dans ces signes, la partie « Quand consulter rapidement ? » plus bas vous aide à savoir quand prendre rendez-vous.
Deux phases à connaître
La maladie évolue en deux temps. La phase active est celle où la plaque se forme : la douleur domine et la courbure change encore. La phase stable suit : la douleur disparaît et la courbure se fige. Les recommandations européennes parlent de maladie stable quand la douleur a disparu et que la courbure n'a pas bougé depuis au moins trois mois. Cette distinction compte, car les options ne sont pas les mêmes d'une phase à l'autre.
Peut-on faire des exercices pour la maladie de La Peyronie ?
Non, pas seul et pas avec une promesse de résultat. Aucun exercice manuel, aucun étirement et aucun massage n'a montré qu'il dissout la plaque ou redresse la verge. Méfiez-vous des contenus qui promettent de « redresser naturellement » ou de « casser la plaque » en quelques semaines.
La seule approche mécanique réellement étudiée est la traction pénienne. Un extenseur, porté verge au repos, exerce un étirement doux et continu. Selon les recommandations européennes, il doit être porté 2 à 8 heures par jour, pendant plusieurs mois. Une méta-analyse de cinq essais retrouve une amélioration moyenne de la courbure d'environ 15°. Les auteurs jugent toutefois les preuves insuffisantes pour en faire un traitement à lui seul.
Ces dispositifs relèvent donc d'une indication individualisée, avec un protocole fixé par un urologue. Ses limites sont connues :
- des résultats variables d'un homme à l'autre ;
- une contrainte forte, que beaucoup abandonnent en cours de route ;
- un risque de mauvais usage sans examen préalable, par exemple sur une verge douloureuse ;
- l'impossibilité de savoir seul si la courbure vient bien de la maladie de La Peyronie.
La pompe à vide, ou vacuum, est parfois proposée par l'urologue. Seules deux études rétrospectives l'ont évaluée dans cette indication : les données restent limitées. Notre guide sur la pompe à pénis explique son fonctionnement et ses précautions.
Et les ondes de choc ?
Les ondes de choc de faible intensité peuvent soulager la douleur de la phase active. Les recommandations européennes déconseillent en revanche de les utiliser pour corriger la courbure : elles n'ont pas d'effet sur l'angle ni sur la taille de la plaque.
Exercices et gestes à éviter
Certains gestes trouvés sur internet présentent un vrai risque. Évitez :
- de forcer la verge en érection ou de chercher à « corriger » l'angle à la main ;
- les tutoriels non médicaux d'étirement, de torsion ou de massage profond de la plaque ;
- d'utiliser une pompe, un anneau ou un extenseur comme traitement sans avis médical ;
- de poursuivre un rapport qui fait mal.
Le danger n'est pas théorique. Une plaque rend la verge moins souple : une contrainte brutale peut aggraver la douleur ou provoquer une rupture de l'albuginée.
⚠️ Urgence médicale : un craquement, une douleur intense, un hématome, une déformation brutale ou une perte rapide de l'érection après un traumatisme peuvent signer une fracture de la verge. Appelez le 15 ou rendez-vous aux urgences sans attendre.
Que peut proposer l'urologue ?
La consultation suit un déroulé simple :
- un échange sur l'apparition et l'évolution de la courbure, la douleur et la qualité des érections ;
- un examen de la verge, à la recherche de la plaque ;
- parfois, des photos en érection prises chez vous pour évaluer l'angle, dans un cadre médical ;
- une évaluation du retentissement sur votre vie sexuelle et votre moral.
Selon votre situation, l'urologue peut proposer :
- une surveillance, si la gêne est faible ;
- une prise en charge de la douleur ou des difficultés d'érection ;
- un dispositif de traction ou de vacuum, dans certains cas ;
- des injections dans la plaque, selon le profil et la disponibilité ;
- la chirurgie, réservée aux situations sélectionnées.
Les recommandations européennes sont nettes sur ce dernier point : la chirurgie ne se discute qu'une fois la maladie stable, depuis au moins trois à six mois, et quand la déformation gêne les rapports. Le choix dépend de la phase, de l'angle, de la gêne et de la qualité des érections. Le détail de chaque option figure dans notre article sur les traitements de la maladie de La Peyronie, et notre guide de la chirurgie décrit l'opération.
Si vous cherchez des solutions sans médicament, notre article sur le traitement naturel de la maladie de La Peyronie fait le tri entre ce qui est étudié et ce qui ne l'est pas.
Retrouver une sexualité confortable pendant la prise en charge
La maladie de La Peyronie ne touche pas que la verge. Elle pèse aussi sur le couple et sur le moral.
- Parlez-en avec votre partenaire. Expliquer ce qui se passe évite les malentendus. Rien ne vous oblige à poursuivre des rapports douloureux.
- Adaptez les positions et le rythme. Privilégiez celles qui ne contraignent pas la verge et où vous gardez le contrôle des mouvements, toujours dans le confort et le consentement de chacun.
- Élargissez la sexualité. Les caresses et les autres formes d'intimité restent possibles pendant la prise en charge.
L'impact psychologique est réel : anxiété de performance, baisse du désir, évitement des rapports. Un accompagnement sexologique ou psychologique peut aider. Notre article sur l'anxiété de performance sexuelle propose des pistes, et notre article sur la maladie de La Peyronie et les problèmes d'érection explique le lien entre les deux.
Préserver sa fonction érectile : un sujet à aborder avec un professionnel
La maladie de La Peyronie peut s'accompagner de difficultés d'érection ou d'une anxiété qui pèse sur la sexualité. Si vous cherchez un accompagnement adapté, commencez par en parler à un professionnel de santé : aucun complément ne traite ni ne redresse une courbure liée à la maladie de La Peyronie.
La boutique Kano propose un complément présenté comme un soutien de la fonction érectile chez l'adulte souffrant de troubles légers à modérés. Il ne remplace ni un diagnostic, ni un traitement médical.
Demandez conseil à un professionnel de santé avant de le prendre, notamment si vous suivez un traitement contre l'hypertension, le diabète ou un autre traitement au long cours.
Quand consulter rapidement ?
Prenez rendez-vous avec un médecin si vous constatez :
- une courbure apparue récemment ou qui augmente ;
- une douleur à l'érection ;
- une boule ou une zone dure palpable sur la verge ;
- des rapports devenus difficiles ou impossibles ;
- des difficultés d'érection associées.
Allez aux urgences sans attendre en cas de traumatisme avec douleur intense, hématome, craquement ou déformation soudaine.
Sur Kano.care, vous remplissez un questionnaire médical en ligne, et un médecin inscrit à l'Ordre (France ou UE) étudie votre dossier. Il vous oriente vers un urologue si un examen est nécessaire. La consultation coûte 35 €, compte-rendu compris. Pour faire le point sur la maladie, consultez notre page dédiée à la maladie de La Peyronie.
À lire aussi : comprendre les difficultés d'érection
La courbure et les difficultés d'érection peuvent coexister, sans être systématiquement liées. Pour mieux comprendre la dysfonction érectile et sa prise en charge, consultez notre rapport La dysfonction érectile en France 2025, fondé sur 2 447 consultations médicales en France. Ses résultats décrivent une population, pas votre situation personnelle.
Questions fréquentes
Les exercices réalisés seul ne sont pas un traitement de la maladie de La Peyronie. La traction pénienne peut parfois être discutée avec un urologue, dans un cadre précis. Ne forcez pas et n'étirez pas le pénis sans avis médical.
Une courbure qui apparaît à l'âge adulte, évolue, fait mal ou s'accompagne d'une zone dure sous la peau doit être évaluée par un urologue. Une courbure légère, stable et ancienne n'a pas la même signification.
L'évolution varie d'un homme à l'autre. La douleur diminue souvent avec le temps, mais la courbure peut persister ou évoluer. Un suivi médical aide à évaluer la situation et les options adaptées.
Non. Une pompe ne s'utilise pas en automédication pour redresser une courbure. Tout dispositif mécanique se discute avec un professionnel de santé, surtout en cas de douleur ou de maladie de La Peyronie suspectée.
Les études portent sur 2 à 8 heures par jour, pendant plusieurs mois. C'est l'urologue qui décide si cette option vous convient et qui fixe le protocole.
En cas de courbure récente ou qui progresse, de douleur pendant l'érection, de nodule palpable, de difficulté lors des rapports ou de troubles de l'érection. Un traumatisme brutal avec craquement, hématome ou déformation soudaine justifie une prise en charge en urgence.
Dr Sam Ward
Urologue et andrologue, dirige le service d'urologie à la Clinique Saint-Jean de Bruxelles depuis octobre 2024. Membre du Comité exécutif de la Chaire UNESCO Santé sexuelle & Droits humains, membre du Bureau de la Société Francophone de Médecine Sexuelle (SFMS), cofondateur de Kano.care, spécialisé en santé masculine et médecine sexuelle.






