
Moins d'envie, des érections moins fiables, une fatigue qui s'installe, un moral en berne : après 40 ou 50 ans, ces changements inquiètent souvent. Ils peuvent traduire une baisse de testostérone, ce qu'on appelle couramment l'andropause. Ils peuvent aussi avoir bien d'autres causes. Voici les symptômes de l'andropause à connaître, comment se pose le diagnostic et quelles solutions existent, sans fatalité ni culpabilité.
Les points clés
- L'andropause, ou déficit androgénique lié à l'âge (DALA), est une baisse progressive de la testostérone accompagnée de symptômes. Elle ne touche pas tous les hommes.
- Ses symptômes sont sexuels (désir, érections), physiques (fatigue, muscle, ventre) et psychologiques (humeur, sommeil).
- Le diagnostic associe des symptômes et une prise de sang confirmant un taux bas : l'un ne suffit pas sans l'autre.
- Le mode de vie peut suffire à améliorer le taux ; un traitement hormonal n'est envisagé qu'après un bilan médical complet.
Qu'est-ce que l'andropause (ou déficit androgénique lié à l'âge) ?
Le mot « andropause » est entré dans le langage courant. Les médecins parlent plutôt de déficit en testostérone, de déficit androgénique lié à l'âge (DALA) ou d'hypogonadisme tardif, comme le rappelle le référentiel du Collège d'urologie de l'AFU.
La testostérone est produite par les testicules, sous le contrôle du cerveau. Avec l'âge, sa production baisse lentement. Dans la Massachusetts Male Aging Study, elle diminuait de l'ordre de 1 à 2 % par an chez les hommes de 40 à 70 ans.
Cette baisse ne suffit pas à parler d'andropause. On parle de déficit quand elle s'accompagne de symptômes durables et d'un taux bas confirmé par une prise de sang.
Une différence majeure avec la ménopause féminine
La ménopause marque un arrêt brutal et universel du fonctionnement des ovaires. L'andropause, elle, n'a rien de brutal ni d'universel.
La baisse de testostérone est lente et partielle. La production de spermatozoïdes diminue, mais ne s'arrête pas : un homme reste fertile tard dans sa vie. Et beaucoup d'hommes gardent un taux normal toute leur vie.
À quel âge les premiers signes apparaissent-ils ?
Il n'y a pas d'âge précis. Les premiers signes apparaissent le plus souvent après 40 ou 50 ans, et la proportion d'hommes concernés augmente nettement avec l'âge.
Certains facteurs avancent ou aggravent la baisse : le surpoids abdominal, le diabète, le tabac, l'alcool, la sédentarité et le manque de sommeil. Notre article sur la durée de l'andropause détaille son évolution.
Les principaux symptômes de l'andropause à surveiller
Pris isolément, ces symptômes sont rarement spécifiques. C'est leur accumulation, et leur installation progressive, qui doit alerter.
Les troubles sexuels : dysfonction érectile et baisse du désir
Ce sont les signes les plus liés à la testostérone. Dans l'étude européenne EMAS, trois symptômes sexuels étaient les plus associés à un taux bas :
- la baisse du désir sexuel, avec moins de pensées sexuelles ;
- des érections matinales plus rares ;
- des difficultés d'érection.
Une baisse du désir chez l'homme a d'autres causes possibles : notre guide pour retrouver sa libido les passe en revue. À l'inverse, un homme qui a des troubles de l'érection peut garder tout son désir, comme l'explique notre article sur le désir malgré les troubles de l'érection.
Les symptômes physiques : fatigue, bouffées de chaleur et prise de poids
Sur le plan physique, l'andropause peut se traduire par :
- une fatigue persistante, une baisse d'endurance ;
- une perte de masse et de force musculaire ;
- une prise de ventre ;
- plus rarement, des bouffées de chaleur ou des sueurs, surtout en cas de déficit marqué.
L'impact psychologique : troubles de l'humeur et du sommeil
La testostérone agit aussi sur le cerveau. Un déficit peut s'accompagner d'un moral en berne, d'irritabilité, d'une baisse de motivation, de difficultés de concentration et d'un sommeil moins réparateur.
Ces signes se confondent facilement avec le stress, une dépression ou un dérèglement hormonal d'une autre origine, comme la thyroïde. D'où l'importance d'un avis médical.
Comment s'établit le diagnostic du déficit en testostérone ?
Évaluation clinique : le questionnaire ADAM
Le questionnaire ADAM (Androgen Deficiency in the Aging Male) est un outil de repérage. Il comprend dix questions simples, par oui ou par non, sur le désir, les érections, l'énergie, l'humeur et la force.
Un résultat positif ne pose pas le diagnostic. Il indique qu'il est utile d'aller plus loin avec une prise de sang.
Le bilan sanguin : le dosage de la testostérone
Seule une prise de sang peut confirmer un taux bas. Elle se fait le matin, quand la testostérone est à son maximum, et doit être répétée pour confirmer le résultat.
Le médecin prescrit une prise de sang complète, qui ne se limite pas à la testostérone totale. Elle permet aussi de chercher une cause. Notre article sur le taux de testostérone faible explique comment l'interpréter.
Traitements : quelles solutions face aux symptômes de l'andropause ?
L'importance d'une meilleure hygiène de vie
C'est la première étape, et elle peut suffire à améliorer le taux de testostérone :
- perdre du poids en cas de surpoids, surtout au niveau du ventre ;
- bouger : le renforcement musculaire et l'endurance modérée ;
- dormir 7 à 8 heures par nuit ;
- limiter l'alcool et arrêter le tabac ;
- manger varié, en limitant le sucre et les produits ultra-transformés.
Notre guide sur l'andropause et le traitement naturel détaille ces leviers. Notre page sur l'évolution du désir de 20 à 60 ans montre aussi ce qui relève du vieillissement normal.
Le traitement de substitution hormonale et ses limites
Quand le déficit est confirmé et que les symptômes persistent, un médecin peut proposer un traitement par testostérone, en gel ou en injection. Il n'est pas automatique.
Selon les recommandations de l'Endocrine Society, il nécessite un bilan préalable, notamment de la prostate et du cœur, puis un suivi régulier. Il est déconseillé en cas de désir de paternité, car il freine la production de spermatozoïdes. Notre article sur les traitements de l'andropause présente les options en détail.
Le parcours Kano.care : un accompagnement médical coordonné
Kano.care prépare, avec les centres partenaires AndroAct, un parcours dédié au déficit en testostérone. Il commencera par le questionnaire ADAM en ligne, puis une consultation avec un médecin inscrit à l'Ordre. Si c'est approprié, celui-ci prescrira une prise de sang et vous orientera vers un bilan complet en centre partenaire.
Ce parcours n'est pas encore ouvert. Vous pouvez vous inscrire à la liste d'attente pour être prévenu de son lancement.
Si les troubles de l'érection sont au premier plan, ils relèvent d'une prise en charge dédiée, déjà disponible : notre parcours dysfonction érectile. Andropause et troubles de l'érection sont souvent liés, mais s'évaluent différemment. Plus de 6 000 hommes ont déjà été accompagnés par Kano.care.
FAQ sur les symptômes de l'andropause masculine
Non. La testostérone baisse avec l'âge chez tous les hommes, mais seule une partie d'entre eux développe un véritable déficit avec des symptômes.
Le plus souvent, une baisse du désir sexuel, des érections matinales plus rares et une fatigue inhabituelle. Ces signes doivent durer pour évoquer un déficit.
Il n'y a pas d'âge fixe. Les signes apparaissent généralement après 40 ou 50 ans, plus tôt en cas de surpoids, de diabète ou de mode de vie défavorable.
Non. La ménopause est un arrêt brutal et universel. L'andropause est une baisse lente et partielle, qui ne concerne pas tous les hommes et n'empêche pas d'avoir des enfants.
En agissant d'abord sur le mode de vie : poids, activité physique, sommeil, alcool et tabac. Si les symptômes persistent, un médecin peut faire le bilan et proposer une prise en charge adaptée.
Dr Sam Ward
Urologue et andrologue, dirige le service d'urologie à la Clinique Saint-Jean de Bruxelles depuis octobre 2024. Membre du Comité exécutif de la Chaire UNESCO Santé sexuelle & Droits humains, membre du Bureau de la Société Francophone de Médecine Sexuelle (SFMS), cofondateur de Kano.care, spécialisé en santé masculine et médecine sexuelle.






